La question décisive

Extension et maison existante  : qui couvre la jonction ?

Une extension ne flotte pas à côté de la maison : elle s’y adosse, on ouvre un mur pour passer de l’une à l’autre, les toitures se rejoignent. Or la dommage ouvrage couvre l’ouvrage neuf, et la loi laisse en principe la partie ancienne hors du champ de l’assurance obligatoire. Savoir où passe la frontière, c’est savoir qui paiera le jour où la jonction travaille.

On fait préciser au contrat le sort de votre maison d’origine — devis gratuit

Liaison entre un vieux mur en pierre et un mur neuf en parpaings, goujons et joint vertical
couverte par la DO
Extension
couvert s’il est indivisible
Existant incorporé
garantie facultative
Reste de la maison

Ce que dit la loi sur les existants

Code des assurances

Article L243-1-1, II

« Ces obligations d’assurance ne sont pas applicables aux ouvrages existants avant l’ouverture du chantier, à l’exception de ceux qui, totalement incorporés dans l’ouvrage neuf, en deviennent techniquement indivisibles. »

En clair

La maison d’origine n’est pas couverte d’office

La dommage ouvrage obligatoire porte sur votre extension. La partie ancienne n’y entre que si elle fait corps avec le neuf au point de ne plus pouvoir en être séparée sans le détruire. Une maison à laquelle on accole une pièce reste, dans la plupart des cas, un ouvrage existant distinct.

Cette règle vaut à la fois pour la dommage ouvrage que vous souscrivez et pour la décennale des entreprises : elle délimite le champ des assurances obligatoires. Elle ne dit pas que l’entreprise n’est jamais responsable des dégâts qu’elle cause à votre maison, mais que ces dégâts ne sont pas, en principe, garantis par les contrats obligatoires. D’où l’intérêt de traiter la question au moment de la souscription, pas le jour du sinistre.

À la jonction : ce qui relève du neuf, ce qui relève de l’ancien

Les sinistres d’extension se concentrent sur quelques mètres : là où le neuf touche l’ancien.

ÉlémentNeuf ou existantCouvert par la DO obligatoire
Fondations et murs de l’extensionNeufOui
Toiture de l’extension, solin et relevé contre le murNeufOui
Linteau ou poutre posés pour ouvrir le mur de la maisonNeufOui
Mur de la maison autour de l’ouvertureExistantSeulement s’il est incorporé et indivisible
Façade, charpente et pièces de la maison d’origineExistantNon, sauf garantie des existants

Lecture générale : chaque contrat et chaque chantier s’apprécient au cas par cas.

La fissure qui court le long du mur ancien

Une extension maçonnée est accolée à une maison en pierre sans joint de dilatation. Deux hivers plus tard, une fissure s’ouvre à la jonction et se prolonge dans le mur ancien, au-dessus de la nouvelle baie.

Qui paie : la dommage ouvrage pour la reprise de l’extension et du raccord. La partie de la fissure dans le mur ancien relève de la garantie des existants si elle a été souscrite ; à défaut, il faut rechercher la responsabilité de l’entreprise.

Fissure verticale le long de la jonction entre une maison ancienne et son extension à toit plat

Ne découvrez pas le sort de votre maison le jour du sinistre

On fait préciser, avant le chantier, ce que le contrat couvre sur la partie existante.

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La garantie des existants : l’option qui protège la maison

Certains assureurs proposent, en complément de la dommage ouvrage, une garantie facultative des existants. Elle couvre les dommages matériels subis par la partie ancienne de la maison lorsqu’ils sont la conséquence des travaux neufs : un mur porteur qui fissure après son ouverture, une façade qui bouge à cause du terrassement de l’extension.

Elle n’est pas standard : son plafond, sa franchise et sa durée varient d’un contrat à l’autre, et elle est le plus souvent tarifée sur la valeur déclarée de la partie existante. Elle est surtout utile quand l’extension s’appuie sur la maison ou que les travaux touchent sa structure.

Quand la demander
  • Ouverture d’un mur porteur de la maison pour créer une baie
  • Extension adossée au mur existant, sans structure indépendante
  • Fondations neuves au contact des fondations anciennes
  • Maison ancienne en pierre, sur sol argileux ou déjà fissurée
Ce qu’elle ne couvre pas
  • Les désordres antérieurs au chantier, à constater avant travaux
  • L’usure et le défaut d’entretien de la maison
  • Les éléments sans lien avec les travaux neufs

Quatre précautions avant d’ouvrir le chantier

  1. 1
    Photographiez la maison

    Façades, murs intérieurs voisins de l’extension, fissures existantes : des photos datées avant travaux évitent un débat sur l’antériorité d’un désordre.

  2. 2
    Faites étudier le sol

    Une étude de sol permet de dimensionner des fondations qui ne tassent pas différemment de celles de la maison.

  3. 3
    Choisissez le principe de liaison

    Solidariser les deux volumes ou les séparer par un joint : c’est un choix technique à faire valider, et à préciser dans le dossier d’assurance.

  4. 4
    Faites écrire le sort de l’existant

    Avant de signer, demandez noir sur blanc ce que le contrat couvre sur la partie ancienne, et à quelles conditions.

Et l’assurance habitation ?

Pendant et après les travaux, votre multirisque habitation continue de couvrir la maison contre l’incendie, le dégât des eaux ou la tempête. Elle ne couvre pas les désordres de construction. Prévenez votre assureur des travaux, puis de la surface ajoutée.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur l’existant

Qu’est-ce qu’un existant « techniquement indivisible » ?
Une partie ancienne si intimement liée à l’ouvrage neuf qu’on ne peut plus l’en dissocier sans le détruire. Une maison à laquelle on accole une pièce n’entre en général pas dans ce cas ; seule la jurisprudence et l’analyse du chantier tranchent.
L’entreprise est-elle responsable si elle abîme ma maison ?
Elle peut l’être, mais ces dommages ne sont pas, en principe, garantis par son assurance décennale obligatoire. Il faut alors mobiliser sa responsabilité civile, ou la garantie des existants si vous l’avez souscrite.
La garantie des existants est-elle chère ?
Elle prend la forme d’une surprime, calculée le plus souvent sur la valeur déclarée de la partie existante. Son coût est à comparer au prix d’une reprise de mur porteur ou de fondations anciennes.
Une surélévation pose-t-elle la même question ?
Oui, et de façon plus aiguë : la surélévation s’appuie entièrement sur la structure existante. Le dossier d’assurance doit alors être particulièrement précis sur la reprise des murs et des fondations.
Dois-je signaler les fissures déjà présentes ?
Oui. Les désordres antérieurs au chantier ne sont pas garantis ; les constater et les photographier avant travaux protège justement les désordres nouveaux.
Pour aller plus loin

Pour aller plus loin

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